Textes et citations

25 mai 2011

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui…

Filed under: Uncategorized — by Ndimby A. @ 10:04

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui.
Ce n’était pas mon anniversaire ni un autre jour spécial.
Nous avons eu notre première dispute hier dans la nuit
Et il m’a dit beaucoup de choses cruelles qui m’ont vraiment blessée.
Je sais qu’il est désolé
Et qu’il n’a pas voulu dire les choses qu’il a dites
Parce qu’il m’a envoyé des fleurs aujourd’hui.

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui.
Ce n’était pas notre anniversaire ni un autre jour spécial.
Hier, dans la nuit, il m’a poussée contre un mur et a commencé à m’étrangler.
Ça ressemblait à un cauchemar, je ne pouvais croire que c’était réel.
Je me suis réveillée ce matin le corps douloureux et meurtri.
Je sais qu’il doit être désolé
Parce qu’il m’a envoyé des fleurs aujourd’hui.

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui
Et ce n’était pas la fête des mères ni un autre jour spécial.
Hier, dans la nuit, il m’a de nouveau battue,
C’était beaucoup plus violent que les autres fois.
Si je le quitte, que deviendrais-je?
Comment prendre soin de mes enfants? Et les problèmes financiers?
J’ai peur de lui mais je suis effrayée de partir.
Mais je sais qu’il doit être désolé
Parce qu’il m’a envoyé des fleurs aujourd’hui.

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui.
Aujourd’hui c’était un jour très spécial,
C’était le jour de mes funérailles.
Hier dans la nuit, il m’a finalement tuée. Il m’a battue à mort.
Si seulement j’avais trouvé assez de courage pour le quitter,
Je n’aurais pas reçu de fleurs aujourd’hui………..

Texte publié pour dénoncer la violence faite aux femmes
(Auteur : Maria Stella Baldachino).

11 commentaires »

  1. Une pensée solidaire à toutes celles qui subissent au quotidien les violences physiques mais aussi toute autre forme de violence, morale ou autre, qui les empêchent de s’épanouir.

    Commentaire par Iry — 26 mai 2011 @ 1:52 |Répondre

    • Bonjour,

      Êtes-vous certain que l’auteur est Maria Stella Baldachino ?

      Commentaire par Lenny — 5 janvier 2016 @ 1:07 |Répondre

  2. Très beau poème, et surtout très triste.
    Comme beaucoup d’autres, cette femme a trop hésité, trop attendu et n’a pas su réagir à temps. Mais pourquoi ? Pourquoi est-elle restée jusqu’à en mourir ? A mon avis, au-delà des problèmes financiers (les violences conjugales n’épargnent aucune classe sociale), de la honte (car cette violence gratuite est encore considérée comme un linge sale qui se lave « en famille »), et du sentiment de culpabilité, il y a surtout ce sentiment que, toute seule, elle n’y arrivera pas. Une sorte de relation de dépendance due souvent à une mauvaise estime de soi. Elle a le sentiment qu’elle ne pourra jamais se prendre en charge toute seule même si elle a un travail. Et par peur d’être abandonnée, elle préfère supporter l’inacceptable ou rester dans le déni total car, finalement, cette situation est toujours moins pire que de se retrouver toute seule.
    Au fond, elle n’a pas fini sa croissance. Cette femme manque totalement confiance en elle. Elle ne se sent pas digne d’amour ni de respect, ni capable de séduire. Et c’est dans cette seule illusion d’être aimée qu’elle endure les coups de son mari.
    Elle a peut-être vécu, dans son enfance, une situation assimilable à un abandon, qui a généré chez elle un traumatisme important. Peut-être aussi avait-elle une faille narcissique car, petite , les parents lui ont brandi comme modèle une autre qui serait plus aimable qu’elle. Ce qui peut entraîner un terrible complexe d’infériorité.
    Cette femme ne s’est pas rendu compte qu’elle fût une victime et a hésité à partir alors même que la violence était devenue « reflexe » et que sa vie était réellement en danger. Il semble pourtant qu’elle avait des enfants. Et souvent ces violences se passent sous les yeux (terrifiés) de ces derniers. Comment pouvait-elle leur imposer cette violence ? Si elle ne partait pas pour elle, elle aurait dû le faire, au moins, pour eux. Sans compter qu’une fois adultes, ils risquent, à leur tour, de reproduire ce « modèle » familial.
    Mais la violence dans le couple n’est pas seulement physique. Elle peut être plus insidieuse encore lorsqu’elle est morale. Ca se manifeste par le mépris, les injures, les paroles dévalorisantes, les humiliations au quotidien, la manipulation, jusqu’à annihiler chez l’autre toute dignité et lui faire perdre tous ses repères. Des comportements pervers, et tout aussi destructeurs.
    En tout cas, quelle qu’en soit la forme, la violence est hideuse.

    Commentaire par Sevane — 7 juin 2011 @ 8:51 |Répondre

  3. « Au fond, elle n’a pas fini sa croissance. Cette femme manque totalement confiance en elle »…. ce n’est pas forcément le cas. Il faut l’avoir vécu pour le comprendre. j’ai été une femme (enfin fille) battue, 2 ans durant. Et ça a commencé par des violences morales pour se terminer en violence physique. Ce n’est pas un manque de confiance, parce que j’étais une personne pleine de confiance quand je suis entrée dans la relation. Mais c’etait dans le but de « me changer » il parrait qu’il m’a violenté. je m’en suis sortie grâce à ma détermination, et quand je me suis reprise en maisn car ce n’étais plus moi. Bref… avant de traiter les femmes battues de femmes faibles… franchement il faut l’avoir vécu pour comprendre, et encore, on n’arrive pas à comprendre pourquoi on était resté là.

    Commentaire par Randi — 1 juillet 2011 @ 8:43 |Répondre

  4. Oui la violence conjugal,analysée de l’extérieur fait penser que ces femmes sont faibles,cependant de l’intérieur c’est très différent,c’est surtout lorsque l’on a brisé ce cercle infernal que l’on a la possibilité d’y réfléchir, car de l’intérieur on utilise toute la force que l’on a pour garder la tête dehors de l’eau ,même si cela parait bien INCOMPRÉHENSIBLE de tout un chacun
    A toutes les personnes qui vivent la violence pas forcément quotidienne.parfois elle peut être ,plus occasionnelle,elle n’en est pas moins destructive,comme cela a été mon cas ,il y a 28 ans,cela ne s’oublie jamais.donc a vous tous toute ma compasion,courage, on peu s’en sortir

    Commentaire par Marie-Madeleine Furbringer — 31 juillet 2011 @ 4:01 |Répondre

  5. très beau texte sur une fin hélas prévisible et dure ..

    Commentaire par Denise De Zolt Ponte — 25 novembre 2011 @ 9:51 |Répondre

  6. très beau texte car il plonge au coeur de la réalité grace à sa forme,à méditer.

    Commentaire par Christine Lavanant — 18 décembre 2011 @ 4:10 |Répondre

  7. « Il semble pourtant qu’elle avait des enfants. Et souvent ces violences se passent sous les yeux (terrifiés) de ces derniers. Comment pouvait-elle leur imposer cette violence ? Si elle ne partait pas pour elle, elle aurait dû le faire, au moins, pour eux. Sans compter qu’une fois adultes, ils risquent, à leur tour, de reproduire ce « modèle » familial. »

    Je peux vous affirmez qu’à mon enfance j’ai vécu ce genre de situation , peut être pas avec une fin aussi triste mais je voyais mon père battre ma mère sous mes yeux à dès fois lorsqu’il rentrait un peu saoul à la maison . Mais une chose est sûre , j’ai tout fait justement pour ne pas reproduire ce schéma , j’ai épousé exactement le contraire de mon père, un homme qui ne fume pas, qui ne boit pas la moindre goutte d’alcool et qui est doux comme un agneau incapable de faire de mal à une mouche et toujours prêt à aider son entourage.

    A travers ma mère pourtant j’ai subi cette souffrance, une fois adolescente avec ma soeur , on a même incité notre mère à le quitter de peur que ça n’aille trop loin un jour et qu’on regrette moi et ma soeur de ne pas avoir agi, mais maintenant que j’ai moi aussi des enfants je comprend mieux pourquoi ma mère se résignait et ne le quittait pas. C’est parce qu’elle ne voulait pas voir grandir ses enfants dans le tiraillement des parents divorcés. Sans oublier que dans les familles malgaches, dès qu’il y a conflit dans le couple, les ray aman-dreny mettent leur grain de sel dans le but de toujours les réconcilier quoi qu’il ait pu se passer.

    Cependant ma mère ne se résignait pas non plus complètement car dès que mon père commençait à dépasser les bornes, elle le quittait pour aller habiter chez la famille en province jusqu’à tant que mon père s’excuse et se met à quatre patte devant leur parents respectif pour pouvoir de nouveau la ramener au foyer . Cela dit il a récidiver une fois mais après moi et ma soeur étions devenu assez grande pour défendre ma mère et ne pas laisser mon père une seule marche de manoeuvre pour des écarts en langage ou physique.

    Quoiqu’il en soit, il ne faut pas penser qu’une femme est faible parce qu’elle n’a pas eu le courage de quitter un homme , c’est beaucoup complexe que ça souvent la violence conjugal. On a beau se croire forte intelligente mais croyez moi on est jamais à l’abri de se genre de situation même en ayant une confiance en soi.

    Commentaire par racynt — 4 février 2012 @ 1:16 |Répondre

  8. D’ailleurs j’ai connu une femme qui est morte parce qu’elle a quitté son mari, celui ci lui a toujours menacer de la tuer le jour où elle la quitterai mais lassée de subir ces violences conjugales elle a fini par le quitter pour de bon et son mari n’a pas hésiter à la poursuivre ce jour la pour heurter sa voiture, la faire sortir de la et l’abattre à mort pourtant c’était la mère de ses deux enfants.

    Commentaire par racynt — 4 février 2012 @ 11:26 |Répondre

  9. Ce texte décrit exactement le pourquoi la femme qui est dans ce centre de la violence n’en sort qu’une fois morte. Les fleurs dépeignent l’homme violent-séducteur. Il est important que ces femmes demandent de l’aide (violence-info ou dans une CSS. Elle peut dans tous les cas le dire à une personne de son entourage ou de sa famille.
    Dénoncez pour ne pas mourir

    Commentaire par Louisette Lachance — 19 septembre 2012 @ 4:44 |Répondre

  10. Merci pour ce poème qui traduit bien des réalités…Cela nous conscientise au fait que toute femme doit pouvoir se passer de son mari un jour ou l’autre!…Quelle que soit la beauté,la richesse,la personnalité d’un homme,toute femme doit se préparer à devoir le quitter un jour s’il commençait à adopter un comportement antisocial!…Toute femme doit pouvoir travailler elle-meme,avoir ses propres ressources bien à elle de sorte que si un jour ça ne va plus,elle puisse quitter sans regrets ni amertume son mari!…

    Commentaire par Hounkponou — 10 octobre 2012 @ 9:53 |Répondre


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